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Faire ses graines d’épinard

En avril dernier, j’ai semé de l’épinard Matamor au jardin. Il n’y en avait que dans un petit carré mais l’expérience a été concluante. J’ai donc laissé fleurir puis monter à graines les derniers plants afin d’avoir le plaisir de faire mes semences pour l’an prochain. Pour que l’opération réussisse, les graines ne doivent pas être des hybrides F1.

Épinard en fleur

Début août, j’ai arraché ces pieds fleuris et secs et les ai mis à sécher totalement sous une véranda. J’ai posé les tiges sur un drap afin que les petites graines ne s’éparpillent pas partout. Mi-septembre, voilà ce qu’on obtient :

Installez-vous tranquillement pour émietter toutes ces tiges : faites les rouler entre vos doigts pour récupérer les graines qui sont assez grosses. Voici ma récolte :

Il faut maintenant doucement souffler dessus pour faire s’envoler les résidus de feuilles sèches. Activité d’extérieur s’il en est ! Il faut ensuite mettre les graines dans une enveloppe ou un sachet plastique en n’omettant pas d’indiquer de quoi il s’agit ainsi que la date (certaines graines ne se conservent pas des années).

Et voilà : toutes ces généreuses petites graines seront resemées l’an prochain au jardin et me donneront à nouveau des épinards Matamor sans qu’il m’en coûte un centime.

Si vous aussi vous souhaitez faire vos propres semences, voici un site incontournable et très pédagogique : DIYseeds (disponible en de nombreuses langues dont le français).

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Débuter un potager à partir d’une prairie

Puisque nous avons décidé de nous installer dans moins de deux ans en Bretagne, il faut se mettre au travail. D’un côté l’ancien atelier à rénover entièrement, de l’autre un potager à démarrer.

Il a été très complexe de trouver le bon endroit même s’il y a beaucoup de terrain. Au final, je commence sur le seul qui soit encore en prairie, tout le reste ayant été conquis depuis belle lurette par la broussaille puis la forêt. Le potager est essentiellement composé d’annuelles donc si l’endroit ne convient pas, je le déménagerai. Mais il faut bien se décider car il faut préparer le terrain.

Cet emplacement-là mesure 2 000 m², mais je ne pourrai pas tout occuper. Il est couvert de fougères car la terre est acide. J’ai commencé par l’endroit le plus ensoleillé de ce petit champ.

Mi-août, j’ai préparé deux planches de culture de 5 mètres de long sur un peu moins d’un mètre de large. Voici comment j’ai procédé :

  • aération du sol à la grelinette
  • arrachage de la couche supérieure d’herbes
  • bêchage sur 30 cm
  • arrachage des multiples racines de fougères
  • apport de crottin de cheval
  • apport d’une couche de foin puis d’une couche de paille

Contre les plaques de granit, rose s’il vous plait puisque c’est le lieu, je n’ai rien pu faire… J’ai confectionné une bordure à l’aide d’ardoises récupérées à la déchetterie.

Les 2 premières planches de culture du futur potager breton

Je n’ai heureusement pas de problèmes de dos. Mais tout ça est très fatigant, très très fatigant même. Donc, j’ai changé de méthode pour les deux planches suivantes élaborées début septembre.

Je me suis inspirée de la technique de L’Atelier du hameau qui fait pousser de magnifiques légumes sur de l’herbe tondue, sans aucune préparation du sol. On peut suivre la progression de son potager depuis le printemps 2020 alors qu’il était encore une prairie comme le terrain que je travaille. Un an après, il a donc des récoltes très concluantes en confectionnant des planches de culture uniquement grâce à de l’herbe tondue récupérée en grande quantité grâce à l’aide de la municipalité.

Planches de culture de L’Atelier du hameau

L’herbe tondue est une source naturelle d’azote. Elle permet de garder l’humidité et l’épaisseur empêche l’herbe dessous de repousser trop vite. Elle repousse un peu, mais beaucoup moins. Le permaculteur de L’Atelier du hameau affirme qu’il n’arrose pas, il se trouve dans la Creuse, je crois. En Bretagne, ça devrait être jouable…

Pour ma part, j’ai directement posé d’abord du bois en décomposition sur l’herbe de la prairie. Il y en a beaucoup à disposition car de nombreux arbres sont tombés et ont commencé à se décomposer depuis longtemps.

C’est par dessus que j’ai déposé de très épaisses couches d’herbe tondue (au moins 20 cm) que je suis allée chercher à la déchetterie toute proche. Il suffit à présent de laisser tout ça se décomposer gentiment pour y planter des plants au printemps prochain. Voilà une technique indéniablement moins éreintante que la précédente…

J’ai hâte de la tester, de voir si effectivement des légumes poussent dans l’herbe tondue. A priori, pas de raison pour que ça ne fonctionne pas puisque c’est efficace ailleurs. Évidemment, il ne sera pas possible d’y planter des légumes racines, mais des cucurbitacées, des tomates, des choux…

Comme j’étais merveilleusement pleine de courage, j’ai tant bien que mal confectionné un coffrage avec des planches, jadis magnifiques mais aujourd’hui quasi aussi pourries que le bois mort : difficile d’y planter un clou sans qu’elles s’émiettent… Mais bon, j’ai fait quelque chose avec ces vieilles planches inutilisables et je suis contente du résultat.

Et de quatre…

Oui, la prochaine fois, je ferai un second coffrage pour l’autre planche, ce sera plus beau…

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Vol au potager

Je suis écœurée, et tellement lasse. De cette saison lamentablement pluvieuse, j’ai sauvé un pied de melon sur les six envisagés. Il a bien voulu me donner deux fruits dont un arrivait à maturité. Mais hier, quand je suis allée l’arroser, il avait disparu.

Il faut bien se rendre à l’évidence car ce ne sont pas les limaces ni les chats qui l’ont emporté. Quelqu’un est entré dans le jardin et s’est servi. En tomates aussi peut-être je ne sais pas car il y en a beaucoup.

Je veux bien nourrir les gens qui ont faim mais je ne suis pas sûre d’être dans ce cas de figure. J’aurais mille fois préféré acheter un melon pour cette personne plutôt qu’elle me bouffe le fruit de mon patient et méticuleux travail.

Et qui a volé un melon reviendra et en volera un autre et possiblement tout ce qui pousse dans mon jardin. Tout ce à quoi je consacre un temps considérable et tout ce que je me réjouis de manger car je l’ai fait pousser moi-même.

Je n’en peux plus de ce monde-là. Ces gens qui ne respectent rien ni personne me donnent envie de vomir le monde entier.

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Pêcher de vigne pour pas cher

Toujours dans le but de remplir ma future forêt-jardin sans trop dépenser, je guette les propositions sur Le Bon coin. C’est ainsi qu’une personne dans la ville d’à côté a mis une annonce pour un pêcher de vigne à 5 €. Et hop, me voilà partie !

Cette dame a un pêcher de vigne dans son jardin et un autre poussait au pied depuis l’an passé. Voici l’arbre dont il est issu (ses fruits ne sont pas encore mûrs en raison de l’été désastreux) :

Pêcher de vigne contre un mur, à Saint-Gervais-la-Forêt (41)

Son rejeton spontané est un pêcher franc (il n’a pas été greffé) qui mesure déjà 1 mètre 25. Elle l’a déplanté et mis dans un pot avec pas mal de racines et un peu de sa terre natale. J’espère qu’il résistera à ce grand stress. D’autant qu’il va en subir un autre puisqu’il sera replanté en Bretagne, en terre humide et argileuse, ce qui n’est pas un rêve de pêcher…

Cependant, la pêche de vigne est une variété ancienne donc plus rustique. Je lui trouverai un endroit ensoleillé et à l’abri du vent. Autre avantage, on a beaucoup plus de chance avec cette variété ancienne que l’arbre issu d’un noyau soit semblable à l’arbre d’origine (ce qui est beaucoup moins fréquent pour des variétés récentes).

Bref, comme mes boutures de pêcher breton ont raté, j’espère beaucoup de celui-là.

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Récolte de noisettes

Il est temps de récolter les noisettes. Ah le noisetier, quel arbuste formidable ! Il est là, au fond du jardin, ne demandant rien à personne, faisant le job sans qu’on s’en occupe… et une fois août venu, il n’y a plus qu’à se baisser pour ramasser.

Pourquoi tout n’est-il pas aussi simple au jardin…

Je ne sais pas de quelle variété il s’agit car l’arbuste était dans notre jardin de Blois bien avant nous. J’en ai cependant fait deux boutures à l’étouffée, histoire de multiplier cet arbuste si généreux.

En attendant de pouvoir les manger, je place les noisettes au fur et à mesure des récoltes dans une caissette pour qu’elles sèchent.

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Glace à la menthe

Et si on se disait que c’était l’été. Et si on se disait qu’il faisait 25° partout en France, oh non, c’est trop fou, juste 20° : ça serait bien, non ? On pourrait manger des glaces… Mais puisqu’on peut manger des glaces même en plein hiver, voilà une recette de glace à la menthe carrément excellente.

J’ai quelques recettes de glaces sans sorbetière que je fais souvent : café, vanille, rhum raisin (avec le raisin du jardin, la grande classe !). Et puis j’ai eu envie de varier les plaisirs et surtout de faire des glaces ou sorbets avec les produits du jardin. Vu qu’on n’a pas encore beaucoup de fruits, je ne voyais que la menthe qui elle, est généreuse.

J’ai donc acheté une sorbetière chez Emmaüs, 10 €.

Un ustensile basique et simplissime d’utilisation

La recette

  • Faire bouillir 25 cl de lait et 40 grammes de sucre ;
  • Hors du feu, ajouter 2 poignées de menthe hachée et laisser infuser 30 minutes environ ;
  • Mélanger 3 jaunes d’oeufs et 40 grammes de sucre (pour ceux qui ont du mal avec l’arithmétique, ça fait 80 grammes de sucre en tout…) ;
  • Filtrer la menthe à la passoire très fine et remettre le lait sur le feu quelques minutes ;
  • Verser le lait sur le mélange oeufs-sucre ;
  • Faire bouillir le tout quelques minutes jusqu’à léger épaississement ;
  • Hors du feu, ajouter 12 cl de crème liquide ;
  • Laisser refroidir ;
  • Mettre le mélange refroidi dans votre sorbetière durant 40 minutes environ ;
  • Attendez quand même au moins que la glace soit restée 24 heures au congélateur avant de vous ruer dessus.

Avec ces proportions, vous remplissez aux 3/4 un bac de glace du commerce. Je n’ajoute pas de colorant, la glace n’est donc pas verte mais impossible de se tromper sur le goût : menthissime !

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Vivre en tiny house ?

J’ai de plus en plus besoin de quitter ce monde… pas d’envie de suicide, non, mais la nécessité de plus en plus impérieuse de vivre autrement. Loin du tout argent, loin du rendement, loin des gens qui râlent contre le temps trop chaud ou trop froid mais qui ne font rien pour que ça change. Loin du gâchis et du profit, de l’individualisme et du sécuritaire.

A l’évidence, je m’intègre de moins en moins dans cette société-là. D’ailleurs elle me le signifie clairement puisque je n’ai plus le droit d’entrer dans les cinémas, d’aller au restaurant ou boire un coup dans un troquet…

Je cherche toujours un endroit pour moi, un endroit qui me ressemble, fait de sobriété, de respect des ressources, d’attention à la nature, d’équilibre : mon Eutopia. Depuis de très longs mois je cherche une maison et ne trouve pas. Surtout parce que je n’ai pas beaucoup d’argent, mais aussi parce que je ne vis pas seule et que le chéri a lui aussi des projets et des obligations : Blois pour ses enfants et le nord Bretagne pour racheter sa maison d’enfance. Il y laissera sa santé et son argent, mais c’est un beau projet que je soutiens.

L’atelier à rénover est le bâtiment aux fenêtres bleues

Alors j’ai cessé de chercher une maison autour de Blois pour me tourner vers les Côtes d’Armor, le Trégor plus exactement. Et là, malheur ! La moindre masure à moins de 100 000 euros part en une journée ! Il y a pénurie de biens et le marché a pris 30% en un an. C’est bien ma veine…

C’est en discutant avec mon amie Nathalie qu’a surgi le projet de tiny house : pourquoi pas ? Une toute petite maison en bois sur roues, en pleine nature, c’est très tentant. Je la voudrais autonome bien sûr, pour ne pas être dépendante des réseaux et ne plus payer de factures d’eau ni d’électricité.

Ce mode de vie a ses contraintes au quotidien, je ne l’ignore pas. Mais il y a aussi des contraintes administratives. En gros, même propriétaire d’un terrain et d’une tiny, si la municipalité refuse l’installation de la tiny, il n’y a qu’à aller voir ailleurs…

Aujourd’hui le projet est d’acheter une tiny et de la poser dans un des champs de la maison en Bretagne. Juste à côté de l’ancien atelier paternel que nous allons commencer à rénover pour y vivre plus tard (le plus rapidement possible je l’espère mais de toute façon pas avant deux ans). J’y vivrais le plus souvent, sans le chéri qui n’envisage pas de vendre pour l’instant sa maison de Blois. Je créerais un potager et une forêt comestible en l’attendant.

Je n’ai pas besoin de beaucoup d’argent pour vivre. Les podcasts que j’écris + les revenus de mon Airbnb blésois suffiront, je crois.

La rentrée aura lieu dans 3 semaines. Y penser me rend malade. Je ne veux plus de ça, plus d’élèves (j’en aurai au bas mot 200 à la rentrée), plus de copies à corriger, plus de collègues, plus de masque toute la journée, plus de contraintes horaires. Ou alors faire cette rentrée mais en sachant que c’est pour peu de temps, que le projet est sur les rails et qu’il va y avoir bientôt une fin à ce boulot de prof. Le 12 août, le chéri a rendez-vous à la mairie pour déposer un dossier de réhabilitation de l’atelier. Il en profitera pour déposer ma demande d’installation d’une tiny. Je ne crois pas que la mairie acceptera. Parce que je suis dans une spirale négative et parce que le chéri n’est pas le meilleur représentant du dossier, lui qui préfèrerait me voir rester à ses côtés.

Bref, je monte un dossier de demande d’aménagement du terrain et je contacte les fabricants de tiny houses…

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Confiture de tomates vertes

J’ai un peu fanfaronné il y a moins d’une semaine en rentrant après 15 jours d’absence : pas de traces de mildiou sur mes tomates. Jusqu’à ce matin… de vilaines taches noires sont apparues sur un pied malgré un traitement préventif il y a cinq jours au bicarbonate de soude. Il faut dire qu’il pleut tous les jours et qu’il fait environ 14° en ce début août 2021, comme au mois de juillet et de juin. Je préfère ne pas parler de mai et de ce désastreux week-end de l’Ascension où j’ai perdu quasi tous mes plants de concombres, aubergines et poivrons.

Bref, j’ai arraché ce matin un plant de tomates tout récemment touché par le mildiou et porteur de très grosses tomates toutes vertes qui elles n’étaient pas du tout touchées. Je les ai donc récupérées pour faire de la confiture de tomates vertes. Généralement, on fait plutôt ça en octobre ou novembre, quand les dernières tomates n’ont plus le temps de murir. On est donc en août et je ne sais pas si les miennes muriront avant octobre…

Attention, c’est très très bon et voici la recette :

  • 1, 2 kilo de tomates vertes qui épluchées et équeutées donneront 1 kilo
  • 1 kilo de sucre
  • 4 branches de romarin

1/ Laver les tomates et leur faire une entaille sur le derrière ;

2/ Les plonger dans l’eau bouillante 5 minutes (c’est plus que pour les tomates mures car elles sont beaucoup plus fermes) ;

3/ Les plonger aussitôt après dans l’eau glacée ;

4/ Les éplucher (c’est quand même long) puis les mettre dans votre faitout ou votre casserole ;

5/ Laisser mijoter 45 minutes (toujours parce qu’elles sont très fermes) ;

6/ Ajouter le sucre et le romarin et laisser cuire 45 minutes en touillant de temps en temps ;

7/ Faire bouillir pots et couvercles à confiture pour les stériliser et les placer à l’envers sur un torchon propre pour qu’ils s’égouttent (il m’en a fallu 4 pour 1 kilo de tomates vertes épluchées) ;

8/ Il est temps de vous brûler en mettant votre confiture bouillante en pot (vous aurez pris soin avant de retirer les branches de romarin) ;

9/ Un fois le pot rempli à 95%, le fermer avec le couvercle et le retourner sur votre torchon ;

10/ Léchouiller casserole et mouvettes en attendant que tout ça refroidisse : que du plaisir !

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Alors, le mildiou a-t-il frappé mes tomates pendant mon absence ?

Tadam, quel suspens ! Me voilà de retour à Blois après deux semaines en Bretagne où le temps était encore pire que d’habitude : 4 jours estivaux, épicétou ! Sinon de la pluie, encore de la pluie et des températures inclémentes.

Les uns après les autres, les youtubeurs jardiniers annoncent la perte de leurs plants de tomates à cause du mildiou. Le dernier en date : Rémi du Jardin d’Emerveilles, Rémi le permaculteur qui fait tout pousser grâce à son sourire et ses doigts verts. Il a arraché tous ses plants. Inutile de dire que je tremblais d’inquiétude à l’idée de retrouver les miens, les tout premiers que je sème.

Alors Sandrine, mildiou ou pas mildiou ?

Eh bien non ! Mes chers plants de tomates que je connais depuis qu’ils sont graines ont profité de la pluie sans en pâtir et croulent sous les fruits : tomates charbonneuses, tomates roses, Marmande, Peacevine… il y en a plein ! Pas une seule n’est rouge, même pas légèrement honteuse mais il y en a vraiment beaucoup et je suis très contente. J’ai eu de la chance mais je suis quand même assez fière de moi 🙂 Je les ai chouchoutées depuis mars et j’étais désolée de partir en les laissant sans défense contre le vilain champignon…

Par contre, pour ce qui est du reste, c’est assez pauvre en raison des ravages opérés par les limaces et les escargots depuis mai. Il me reste un malheureux plant de poivron à peine en fleur, aucun concombre, aucune aubergine. Ils ont dévoré tous les semis de navet faits avant de partir, il reste à peine quelques semis de betterave.

J’ai croisé un cornichon (oui, un seul), quelques haricots verts, tous plantés tardivement puisque les premiers semis ont eux aussi été mangés. J’ai dû déliseronner les poireaux. Les plants de brocolis et de chou kale se portent bien. Je vais bientôt récolter les carottes et les oignons semés en mars.

Et vous, mildiou ou pas mildiou ?

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Boutures de pêcher

Je suis toujours à la recherche d’un endroit où poser mon Eutopia. Après l’échec de mon premier projet, j’essaie d’en construire un autre en Bretagne nord. C’est en visitant à Tonquédec un terrain doté d’une grange à réhabiliter que j’ai rencontré un superbe pêcher tout couvert de fruits énormes. Pas encore mûrs, ça n’est pas la Provence, mais qui seront probablement bons à manger d’ici un mois.

Comme j’ai tendance à bouturer tout ce qui croise mon chemin, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion. J’ai donc coupé une branche de ce bel arbre (pardon, pardon monsieur le propriétaire…). En effet, ce pêcher est à l’évidence adapté au climat breton. C’est donc un pêcher tel que celui-là qu’il me faut en Bretagne, résistant au froid et peu exigeant en forte chaleur : les boutures donneront des clones, des répliques exactes de l’arbre d’origine.

Comme d’habitude, j’opère de plusieurs façons pour espérer avoir au moins un plant viable. Je coupe la branche en plusieurs morceaux et j’ôte toutes les feuilles sauf les deux extrêmes que je coupe en deux afin de les distinguer de celles qui pousseront le cas échéant.

Je prépare un mélange de terre de taupinière + terre un peu sableuse de fond de ruisseau + un très peu de terreau. J’opère de trois façons différentes :

  • Je plante quatre petites branches (coupées juste au-dessus d’un noeud) dans ce mélange (j’ai gardé deux feuilles à la base de l’une d’entre elles, histoire de varier les expériences).
  • Je plante une petite branche dans une bouteille en plastique coupée en deux et percée dans le fond afin de faire une bouture à l’étouffée (méthode qui jusqu’à présent obtient d’excellents résultats).
  • Je place deux branches dans une bouteille d’eau dans laquelle flottent de petits morceaux de charbon de bois pour éviter la pourriture.
Boutures de pêchers bretons

Et voilà, il n’y a plus qu’à attendre…

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Une application géniale pour reconnaître les plantes

Il y a peu en Bretagne, un neveu de Jacques m’a bluffée avec l’application Picture This : il suffit de prendre une plante en photo pour qu’elle soit identifiée par reconnaissance automatique.

Picture This est payant, je suis donc partie à la recherche d’un équivalent gratuit et j’ai trouvé Pl@ntNet. Et ma vie a changé… Une photo suffit pour découvrir quel(le) est la fleur, la plante, l’arbre qui vous intrigue.

J’ai commencé par du facile, pour être certaine de la fiabilité de la chose. Ces plantes ont été identifiées immédiatement :

J’ai appris ensuite que j’avais planté de l’artichaut de Jérusalem…

Fleur de topinambour (pas encore en fleur…)

J’ai ensuite compliqué les choses en photographiant juste ça :

Pl@ntNet a effectivement identifié aussitôt la canne de Provence que Jacques a ramené de Marseille il y a quelques semaines.

J’ai ensuite essayé avec un arbre sur pied. Il est possible de proposer plusieurs photos d’un même végétal en indiquant s’il s’agit du fruit, de la feuille, de l’écorce…

Pl@ntNet appelle ça Negundo, ce qui ne me disait rien. Il suffit d’appuyer sur le lien qui fournit des explications et vous voilà sur la page Wikipédia correspondante : il s’agit d’un érable à feuilles de frêne, acer negundo.

A ce stade, je faisais des bonds de joie dans mon jardin : à moi le savoir, la science, la connaissance ! Je me suis mise à photographier ce que je ne connaissais pas et j’ai découvert qu’il me faut faire attention avec cette plante invasive :

Le raisin d’Amérique (Phytolacca americana) est « une plante toxique. Elle est devenue invasive sur une partie des territoires où elle a été introduite, souvent volontairement comme plante décorative ou pour d’autres usages. Elle constitue un danger pour les populations humaines et certains animaux. Sa concentration en toxines croît avec la maturité de la plante. Ses fruits sont toxiques pour les enfants et de nombreux animaux ; la plante est néanmoins encore vendue et cultivée comme espèce horticole ornementale » (source).

Et puis cette plante, à l’évidence cucurbitacée qui pousse toute seule près du composteur, c’est quoi ?

Probablement un potiron (Cucurbita maxima)

L’application a emporté ma totale adhésion quand elle a identifié ça :

Souvenez-vous en avril dernier, j’ai semé des pépins de citron. Ils ont grandi et se portent très bien, ne mesurant malgré tout qu’une dizaine de centimètres. Eh bien l’application a aussitôt reconnu un citronnier.

Comme je vous l’ai dit, j’aime me plonger dans un livre pour le plaisir de chercher, pour feuilleter, me tromper, découvrir au hasard d’autres plantes cousines… Pl@ntNet prive l’amateur de la sérendipité mais lui assure une identification presque sans faille, en tout cas pour les espèces les plus communes.

Si comme moi, vous êtes allergique aux GAFAM et n’avez pas de compte Google ou Apple, il est possible de télécharger cette application (comme tant d’autres) au format .apk et de l’installer sur votre téléphone intelligent en quatre clics : vous ne volez ni ne lésez personne puisque l’application est gratuite. Sans compte, vous pouvez quand même avoir accès aux fiches techniques (puisqu’il s’agit de Wikipédia) mais vous ne pouvez pas partager vos photos avec la communauté (on vous demande alors de vous identifier avec Google, beurk).

Pl@ntNet est un vaste et formidable projet collaboratif que je vous invite à découvrir et enrichir.

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Plantez vos gourmands de tomate

Suite à mon article sur l’apparition des premières tomates au jardin, certains ont témoigné leur étonnement : on peut planter des gourmands de tomates ?

Eh bien oui, rien de plus simple. Vous coupez un gourmand présent à l’aisselle d’une branche. Ainsi faites-vous en sorte d’avoir des fruits plus gros. Ce gourmand, ne le gâchez pas ! Tous les petits poils sur la tige sont autant de futures racines. Il n’y a donc qu’à faire un trou dans la terre et à y planter directement votre gourmand. Arrosez pour mieux déclencher l’enracinement.

Durant deux ou trois jours, votre gourmand aura l’air un peu flapi. Puis l’enracinement aidant, ce petit gourmand se redressera et vous donnera un nouveau plant au jardin.

Bien entendu, il ne faut procéder ainsi qu’en début de saison. Vous épargnez à la graine le temps de la germination mais il lui faut le temps de grandir, fleurir et fructifier. En cette mi-juillet chagrine, il n’est pas encore trop tard, je pense. Ce gourmand vous donnera des tomates en septembre-octobre.

Gourmand planté le 28 juin