Planter un verger est une véritable aventure. Voilà des mois que je me documente pour savoir quoi, quand, où planter les arbres fruitiers qui le composeront. Je hante les sites de pépinières, et les pépinières elles-mêmes en poussant des soupirs de désespoir : tout ça est bien trop cher. Un scion d’un an est certes plus abordable qu’un arbre de 3 ou 4 quatre ans, mais enfin, j’en ai quand même 52… D’ailleurs, vu le nombre d’arbres envisagés, 1 scion + 1 scion + 1 scion…etc = je suis ruinée.

Le moindre plant de framboisier coûte au moins 7 €. Quand on pense qu’il suffit de mettre en terre les rejetons déterrés près d’un pied pour qu’ils reprennent illico, c’est du vol.

Il faut donc faire autrement.

Mon fournisseur principal est Le Bon Coin. C’est par ce biais que j’ai acheté une soixantaine de fraisiers (30 de variété inconnue, 20 Mount Everest et 20 Mara des Bois) envoyés par la poste et repiqué avec 90% de réussite.

J’y fais très régulièrement des recherches pour voir si autour de chez moi quelqu’un ne donnerait pas ou ne vendrait pas à bas prix un arbre. C’est ainsi qu’un monsieur m’a donné un cerisier qu’il venait de déterrer à Saint-Gervais. Il a voyagé puisque je l’ai replanté en Bretagne le 15 octobre dernier. Nous verrons comment il passe l’hiver.

J’ai aussi ainsi acheté :

  • un pêcher de vigne à 5 € à Saint-Gervais qui a très bien repris ;
  • pour 32 € des boutures avancées de cassissiers et de framboisiers Tayberry (des muroises) à un monsieur de Saint-Brieuc ;
  • pour seulement 10 € de nombreux pieds de framboisiers chez un charmant couple de jardiniers de Binic. Ils m’ont aussi donné trois pieds de casseille, un pied de murier sans épines, des plants de goji : mille mercis à ces généreuses personnes !
  • pour 40 € de boutures très jeunes de groseilliers et de cassissiers à un monsieur de Saint-Michel-en-Grève. J’espère qu’ils reprendront tous bien ;
  • un cerisier pour 10 € à Rospez (celui-ci n’a pas quitté sa Bretagne), qui est en fait 2 cerisiers car une branche a poussé dans la terre de la jardinière où il était planté et a donné naissance à un autre cerisier. Nous les avons séparés et plantés le 21 octobre dernier. La vendeuse était étonnée d’avoir reçu tant d’appels pour un simple arbre. Mais un cerisier (deux en fait) de près de deux mètres à dix euros en cette saison, c’est un vrai bon plan.

Elle se débarrassait de ses cerisiers en jardinière car ses enfants n’aiment pas les cerises (comment est-ce possible ?). A la place, elle a planté dans son jardin un pommier. Elle m’a demandé conseil sur son achat et j’ai ainsi appris qu’elle l’avait acheté chez Noz. Je ne suis jamais entrée dans un magasin de ce genre et je ne pensais pas qu’on y vendait des arbres. Et en fait non, c’est exceptionnel, m’a t-elle dit : une opération promotionnelle la semaine précédente l’a poussée à acheter son petit arbre. Il n’y en avait déjà plus beaucoup, a-t-elle ajouté.

Me voilà donc partie au magasin Noz en sortant de chez elle (avec donc couchés dans ma voiture déjà deux cerisiers dans une jardinière lourde comme un âne mort). J’appréhendais mon entrée dans ce temple de la consommation inutile, ce monde de la pacotille à deux balles. J’avais tort de m’en faire puisque les quelques malheureux arbres restants agonisaient juste en face de l’entrée. Il y en avait une dizaine dans des pots et cinq ou six en racines nues, les pauvres. Visiblement, aucun employé du magasin Noz de Lannion ne s’est avisé qu’il avait affaire à des êtres vivants et que comme les autres, les arbres ont soif.

Fin de stock et état déplorable : les arbres n’étaient vraiment pas chers : 7 € le poirier en racines nues (j’ai pris un Doyenné du Comice et un Conférence, deux variétés qui se pollinisent bien) et 6.50 € le pommier d’un mètre 20 en pot (j’ai pris un Golden Delicious). Aussitôt rentrée, je les ai plongés dans l’eau : le pommier a fait des bulles pendant 10 minutes ! Je ne sais pas si ces pauvres arbres survivront à des semaines de mauvais traitements, j’ai fait ce que j’ai pu en les plantant.

En dehors du Bon Coin, j’ai aussi récupéré des pieds de framboisiers aux jardins familiaux de Blois. Je suis allée y faire un tour à la recherche de plants d’artichauts et je suis tombée sur une dame qui arrêtait sa parcelle de jardin et m’a permis de prendre gratuitement autant de pieds que je le souhaitais. C’est-à-dire au final au moins une vingtaine.

Jardins familiaux de Blois

J’ai tout de même acheté trois arbres en jardinerie : un pommier colonnaire Georges Delbard à prix réduit et deux pruniers (un Mirabelle de Nancy et un Reine Claude d’Oullins), à prix réduit eux aussi, mais tout de même assez chers pour moi. En revanche avec ces arbres, je sais de quelle variété il s’agit, ce qui n’est généralement pas le cas pour les arbres achetés sur Le Bon Coin.

Pour ce qui est des achats plein tarif, j’ai craqué pour deux cerisiers nains autofertiles de la variété Cherry Baby chez Planfor (excellent fournisseur même si le site ne paie pas de mine). Ils sont en pot pour l’instant et le resteront jusqu’à ce que j’ai trouvé l’emplacement idéal pour eux.

Et pour les petits fruits, j’ai acheté en pépinière 25 plants de canneberges car je n’en ai trouvé nulle part. J’ai choisi de les acheter sur le site Happy Berry, spécialisé dans les petits fruits. Les plants étaient superbes et surtout très peu chers (à tel point que j’ai d’abord cru que le site était une arnaque).

2,50 € le magnifique plant de canneberge

Chez le même fournisseur, j’ai acheté un kiwaï autofertile de la variété Vitikiwi que je n’ai pas eu le temps de planter, je l’ai juste rempoté dans un pot plus grand. C’est une liane que j’ai l’intention de faire grimper le long d’un arbre déjà grand (un robinier faux acacia).

Enfin, pour avoir des arbres à coûts très réduits, je sème et je bouture. J’ai semé au printemps des asiminiers qui se portent bien. Idem pour les citronniers. Après trois tentatives infructueuses, j’ai enfin réussi mes boutures de figuiers.

Et d’ici quelques semaines, je vais stratifier quelques graines afin qu’elles germent au printemps prochain : goumis, abricotiers de Manchourie, raisiniers de Chine, ragouminiers, pommiers du Kazakhstan, argousiers et kiwaïs de Sibérie sont au programme. J’ai acheté ces graines (pépins ou noyaux) sur Ebay.

Alors bien sûr, il va falloir attendre un peu plus longtemps avant d’en manger les fruits, mais ce sera alors un grand plaisir…

8 Comments on “Débuter un verger avec peu de moyens

  1. Je ne comprends pas comment on peut laisser des pauvres arbres creuser de soif comme ça dans les magasins, pareils quand Bricomarché soldat ses derniers arbres fruitiers cet été… les pauvres 🙄
    J’ai un kiwi de Sibérie! Mais planté l’été passe et encore très petit donc patience patience 😁

    Aimé par 2 personnes

  2. C’est une très bonne méthode, et pas seulement pour les économies. Avec les plants du voisinage, on est sûr qu’ils sont adaptés au climat local. Mais quelle entreprise !!! J’admire !!!

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    • Oui en Bretagne, il y a vraiment beaucoup de terrain, des parcelles liées à l’habitation. Mais elles n’ont pas été entretenues depuis très longtemps et pour la plupart, ce sont des bois aujourd’hui.

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  3. Coucou , il y cinq ou six ans j’ai sauvé pour 10 euros chez lidl , un prunier nain un peu ratatiné , il s’est vite requinqué et m’a offert deux ans après de succulentes prunes sauf cette année , il a fleuri trop tôt et le gel a tout bloqué . Bonnes plantations , novembre est le mois propice: « A la sainte Catherine , tout bois prend racine ».

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