Maxime de Rostolan est un militant écologiste. Je l’ai découvert dans le film On a 20 ans pour sauver le monde. Il est à l’origine de Fermes d’avenir et il est proche de Nicolas Hulot. Dans En avant ! L’optimisme pour cap paru en octobre 2020 chez Michel Lafon, il raconte ses engagements, ses actions, ses réalisations. Mais aussi ses déceptions et les difficultés rencontrées.

Cet homme a au moins dix idées à la minute pour changer la société, pour faire prendre au monde une voie plus respectueuse de la nature. Les objectifs : sortir de la dépendance aux énergies fossiles, lutter contre l’extinction de masse de la biodiversité qui engendre famine et accroissement des risques sanitaires. Il s’agit de construire une société résiliente et plus juste, respectueuse de l’environnement. Il a depuis longtemps dépassé le niveau de l’action individuelle. Être un colibri c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Il pousse à l’engagement militant et collectif, seul capable selon lui de faire changer les choses.

La première partie traite des « réalités » : Maxime de Rostolan se dit « acteur d’éventuelles améliorations, plutôt que spectateur en colère de l’inacceptable » : un homme engagé donc. Il met ses mains dans la terre et cherche à conjuguer local et global (ou bien l’inverse…). C’est la naissance des Fermes d’Avenir : permaculture, agroécologie, agriculture naturelle. Il s’agit de s’affranchir des énergies fossiles, d’associer les bonnes plantes, de densifier les cultures et de les vendre sans intermédiaires, de rémunérer correctement les producteurs. Plus tard, il est aux côtés de Nicolas Hulot, potentiel candidat à l’élection présidentielle de 2017 (et puis finalement non) puis ministre de la Transition écologique. Il assiste ou fait partie de maintes réunions, ateliers, tables rondes… Au final : « égrenage consciencieux et bien rôdé d’un chapelet d’arguments à la noix agrémentés d’une sauce langue de bois ». Beaucoup de déceptions qui n’entament pas le dynamisme de Maxime de Rostolan. Il se sait impuissant face aux entreprises, aux lobbies riches et puissants qui travaillent à entretenir des intérêts privés, aux politiques incapables de voir à long terme et à la société du bien-être et du confort dont nous sommes issus. A l’évidence, la prise de conscience tarde à se faire massive.

Le souci, malheureusement, est que la mise en œuvre de ces méthodes se frotte aux injonctions de la doctrine économique dominante, qui valorise presque exclusivement des projets à fort investissement et dépendants d’autres secteurs pour fonctionner (équipement technologiques, intrants, transformation, marketing, distribution…).

Pour ne pas baisser les bras, il choisit de « laisser la place à l’humain » (ce qu’il développe dans une deuxième partie). Il souligne l’importance de la transition démocratique dans une société où la démocratie est mise à mal. D’où la naissance de La Bascule qui a pour but de « faire émerger un nouveau modèle de société dans le respect de la nature et de l’humain, grâce à l’intelligence collective, à la coopération et aux expériences existantes dans leur diversité et d’accélérer les transitions démocratiques, écologique et sociale en réunissant les moyens humains et financiers disponibles pour propulser, catalyser et relier les initiatives engagées en ce sens. »

Il s’agit d’intensifier le lobbying et l’engagement citoyen à tous les niveaux, aider à massifier et organiser des manifestations non-violentes, faciliter la coopération entre tous les acteurs de la transition, créer des lieux de vie communautaire…

Ce que Maxime de Rostolan pointe du doigt et qui fait écho en moi :

A force de rabâcher des petits gestes dont je connais les limites – manger bio, local et végétarien, se fournir dans des magasins coopératifs, arrêter de prendre l’avion, acheter le moins de choses possible, exceptionnellement neuves, changer de fournisseur d’électricité, de banque, j’ai arrêté d’y croire, d’autant que je tombe très régulièrement sur des citoyens qui font déjà tout ça, mais trépignent comme moi de ne pas en faire davantage, désespèrent d’être réduits à observer passivement. 

J’en suis précisément là et j’ai l’impression que ces choix me dirigent tous vers mon projet, vers L’Eutopia. Un projet individuel, j’en ai bien conscience mais je comprends que tous ces choix depuis des années me conduisent naturellement sur le seuil de cette future maison où je pourrai vivre en accord avec mes convictions.

Lire Maxime de Rostolan donne envie de sortir de cette bulle. Une telle énergie et un tel optimiste sont communicatifs. On se pose la question : que puis-je faire au-delà de ce que je fais déjà ? Comment au-delà de mon désir personnel d’autonomie liée à mes convictions environnementales, sociales et économiques puis-je passer au stade du collectif ?

On ne peut pas aider tout le monde mais tout le monde peut aider quelqu’un.

Je n’ai jamais été militante et ne pense pas le devenir. Mais je pourrais rejoindre une association avec laquelle je me sentirais en phase. Je cherche dans le Blaisois ne trouve pas d’association non politique en lien avec mes préoccupations. Maxime de Rostolan dirait : si ça n’existe pas, crée-le ! Je n’ai pas l’énergie ni le tempérament pour ça, je préfère me mettre à disposition plutôt que d’organiser.

Autre option qui me correspond bien plus : désobéir, se mettre par ses pratiques en porte-à-faux, afficher son refus du système, de la société telle qu’elle va et souligner ainsi que ce qui paraît « normal » ne l’est pas (ou ne l’est plus). Par notre façon de vivre, d’être au monde, de manger, d’acheter témoignons de notre opposition au système.

J’ai cherché sur le net des renseignements sur Maxime de Rostolan et suis tombée sur des querelles de chapelles qui d’emblée me fatiguent car c’est de la belle énergie perdue. Exemple avec La Bascule, ces lieux de vie collectifs, incubateurs d’idées et d’initiatives en faveur de la lutte pour l’environnement, la vie et l’avenir. Superbe idée qui semble rassembler bien des gens en plusieurs endroits. Ces lieux concentrent beaucoup de jeunesse, des têtes bien faites semblent-ils, en tout cas dans les interviews qu’on peut lire ou écouter sur le net. Mais je lis aussi un article sur Reporterre intitulé « L’association La Bascule, instrument macronien ou outil du changement ? ». Tout à fait le genre d’article qui fauche les bonnes volontés en fouillant ou imaginant des compromissions politiques et partisanes alors que c’est exactement ce qu’on cherche à dépasser, ce dont on cherche à s’affranchir. Ces lobbies citoyens naissent parce que la politique politicienne n’agit pas concrètement. Il est décourageant de la voir revenir sur le devant de la scène dès qu’un mouvement prend de l’envergure.

Quoiqu’il en soit, je suis curieuse de suivre cette Bascule, de voir de quoi toute cette belle jeunesse va accoucher concrètement. Aujourd’hui, Maxime de Rostolan s’engage sur un projet de pépinière participative afin de planter des arbres (lire un extrait pour en savoir plus sur Communitrees).

D’autres thèmes abordés plus brièvement résonnent en moi : l’agression publicitaire et la pression de la grande distribution sur les producteurs et les clients qui entretiennent la surconsommation, désertifient les centres-villes et cultivent la malbouffe. La mode du bio qui fait faire le tour du monde à des produits avant qu’ils n’arrivent dans notre assiette touche à l’incohérence. Car certains mangent bio pour leur santé sans aucun lien avec ceux qui produisent ce qu’ils mangent et sans considération pour les déchets occasionnés (le suremballage à la Biocoop me rend furieuse) : une autre forme d’égoïsme en fait.

Et pourtant, il faut garder une posture bienveillante à l’égard de ceux qui jour après jour n’en n’ont rien à foutre de rien et continuent à surconsommer, à salir la planète, à faire passer leurs petits plaisirs personnels et leur confort avant tout. Faire siens et sans cesse les mots préférés de Maxime de Rostolan : solidarité, générosité, amour. C’est difficile mais on a tout à y gagner.

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