La maman de Jacques m’a gentiment permis de faire des boutures de son figuier. Elle ne sait malheureusement pas à quelle variété appartient son arbre. Elle peut juste dire qu’il est unifère (une seule récolte par an) et produit de petites figues violettes. Il y en avait cette année jusqu’en novembre, absolument pas mûres. Elle pense qu’il n’est pas bien exposé et que son pied n’est pas assez dégagé (entouré de ronces).

Elle m’a aussi donné un livre de sa bibliothèque que j’ai bien vite lu. Le figuier d’Alain Pontoppidan aux éditions Actes Sud (collection « Le Nom de l’arbre », 1997) décrit d’abord l’arbre en lui-même, avant d’expliquer comment on le cultive. Puis il aborde le figuier sous un aspect plus culturel, à la fois historique et culinaire. On finira donc cet article par une recette…

Le Ficus carica, le figuier qui pousse en France est l’unique représentant d’un famille qui compte environ 800 espèces d’origine tropicale. Il appartient à la même famille que les mûres : les Moracées, et au genre Ficus. Il pousse naturellement autour de la Méditerranée et plus on monte vers le nord, plus il est petit (10 mètres dans le midi, environ 4 mètres plus au nord).

En hiver, la ramure est détruite par les gelées : les jeunes rameaux gèlent à -8° et les plus grosses branches à partir de -12° environ.

Il passe pour être le premier fruit cultivé par les hommes.

Reproduction

Le figuier porte des fleurs mâles et femelles à la fois. Le blastophage (tout petit hyménoptère noir aux antennes recourbées) assure la pollinisation. La femelle blastophage, après avoir été fécondée dans une figue par un mâle qui meurt aussitôt après, naît gravide et s’empresse de pondre dans une figue de printemps.

Par la caprification, l’homme peut intervenir pour favoriser la pollinisation. Il s’agit d’embrocher deux à six figues mâles.

Ces chapelets de figues mâles suspendus dans les arbes des vergers de production, sont remplis de larves de blastophages prêtes à éclore. Les insectes qui en sortent sont immédiatement attirés par les figues femelles du verger, et en assurent la pollinisation.

Certains arbres sont doués de parthénocarpie : ils sont capables de donner des fruits sans fécondation. Ces figuiers « anormaux » donnent une première récolte au début de l’été, puis une seconde, normale, à la fin. Au nord d’une ligne Lyon-Angoulème, on ne trouve que des figuiers parthénocarpiques car les blatophages ne remontent pas plus haut.

Multiplication

Le figuier s’étend par marcottage jusqu’à atteindre une superficie impressionnante :le figuier du couvent des Capucins de Roscoff, un pied unique planté en 1621, occupait une surface de 600 m², soutenu par des piliers en bois et pierre de plus de deux mètres de haut. Il donnait 500 kilos de figues par an. Il a été abattu en 1987 dans le cadre d’un projet immobilier.

Production

Les principaux pays producteurs de figues sont la Turquie (350 000 tonnes de figues sèches par an), la Grèce, l’Italie, l’Algérie, l’Espagne, le Portugal et les Etats-Unis. En France, on produit 3 500 tonnes de figues fraîches chaque année dont 2 500 dans le seul département du Var. Le rendement moyen est de 50 à 80 kilos par arbre vers la douzième année. Il produit jusque vers 50 ans puis la production décline. Il faut trois kilos de figues fraîches pour faire un kilo de figues sèches.

Plantation

Le figuier est un arbre qui peut pousser quasi partout, il préfère cependant les endroit bien exposés au soleil et protégés des vents froids. Il faut le pailler en hiver dans le nord. Il faut arroser en été, bêcher le pied pour ôte les mauvaises herbes et aérer la terre. Ils peuvent être cultiver en bacs.

Pour le multiplier, on peut arracher un rejet au pied et le replanter dans une terre de type terreau + compost. Les fruits se développent trois à quatre ans plus tard. Pour les boutures (méthode que j’ai choisie) on prélève entre novembre et janvier un rameau avec un bourgeon au bout et un morceau de sa branche porteuse à l’autre bout. On les conserve dans le sable humide avant de les planter en pleine terre en mars.

Récolte

De juillet à septembre. Certaines variétés sont dites bifères : elles produisent des fruits deux fois dans l’année. La première fois ce sont des fruits fleurs produits par parthénocarpie et ensuite les fruits pollinisés. Dans le nord de la France, on recommande de ne récolter que les premiers fruits (début d’été) de variétés comme « Sultane », « Goutte d’or » ou « Sultane des Deux Saisons ».

Il faut cueillir les figues avec des gants (risques d’irritation) et délicatement car elles sont fragiles. Elles doivent se consommer dans la semaine.

Les figues sèches viennent essentiellement de Turquie.

Parasites

La cératite, une mouche d’origine africaine qui sévit plutôt autour de la Méditerranée. Idem pour les longicornes qui creusent des galeries dans le bois et le kermès virgule.

Le scolyte, petit coléoptère d’un millimètre qui creuse des galeries entre le bois et l’écorce des arbres peu vigoureux.

Vertus

La figue est riche en sucres et en vitamines, elles font grossir (trois fois plus énergétiques quand elles sont séchées).

Le latex sécrété par les figuiers blessés est efficace contre les maladies de peau. Il peut aussi servir à faire cailler le lait en remplacement de la présure.

Quelques figues trempées une nuit dans un verre d’eau, et consommées le matin au réveil , facilitent les transits intestinaux difficiles.

L’arak est une eau-de-vie de figue.

Au XVe siècle, les marchands vénitiens faisaient commerce de raisin de Corinthe. « Pour augmenter à peu de frais le poids de leur marchandise, les négociants indélicats y mêlaient des figues fraîches, nettement moins chères que le raisin. D’où l’expression « mi figue-mi raisin » pour désigner d’abord une marchandise douteuse, puis la mou dubitative de celui qui se trouve devant une situation un peu floue ».

Figues au naturel

Ramasser les dernières figues de l’année qui peinent à mûrir. Les faire blanchir deux minutes dans une grande marmite d’eau bouillante. Les tasser dans un bocal avec deux cuillerées de sucre puis les stériliser pendant 20 minutes.

A consommer l’hiver, nature ou avec un peu de crème fraîche.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :