Voici un hors-série du « magazine book » PermaGaïa des éditions Rustica. Il est paru en février 2020, c’est-à-dire avant tout confinement. Il comprend de nombreux articles sur des thèmes variés relatifs à l’autonomie. Il amorce des pistes, donne des idées et des adresses mais aussi à réfléchir à travers des témoignages qui relatent des expériences concrètes ou des articles plus prospectifs. Il permet d’envisager tous les aspects à prendre en compte si on souhaite prendre la voie de l’autonomie. Le problème selon moi avec ce genre de publication, c’est qu’il n’est pas question ou très peu des expériences ratées, des découragements qui mènent à l’échec.

On lit par exemple une interview du socilogue Edgar Morin, 99 ans, très intéressante car elle permet de mettre en lien des événements et les faits, de mieux appréhender les engrenages sociaux. Un article d’Yves Cochet, ancien ministre de l’écologie (sous Jospin), qui est collapsologue, donc croit au prochain effondrement mondial.

Certains aspects pratiques sont mis en avant à travers les outils de l’autonomie comme le lave-linge à pédales (j’en veux un !) et le poêle de masse (articles tirés du site Les outils de l’autonomie), le poulailler, la ruche. De manière générale, les sujets ne sont qu’effleurés, les articles renvoyant à des sites ou des livres bien plus complets.

On retrouve dans ce magazine book des figures connues comme le permaculteur Xavier Mathias de la chaîne En pagaille veux-tu, Jacob Kahru qui a vécu sept mois dans une cabane dans les Pyrénées, la famille Zéro Déchet

On découvre d’autres personnes qui ont souhaité vivre autrement. Par exemple dans l’article « Désobéir naturellement » qui présente Caroline et Jonathan qui vivent en forêt avec leur enfants. Ils sont jeunes, souriants, magnifiques. Ils sont porteurs de valeurs fortes et leur parcours est représentatif de ces urbains qui aujourd’hui retournent à la terre. Il y a bien quelques fâcheux de la mairie qui viennent leur chercher des noises de temps en temps mais dans l’ensemble, tout baigne.

Ce que je reproche à ce genre d’articles c’est leur aspect « vitrine de Noël » : tout est beau et bon dans la vie en forêt, en yourte ou en autonomie. On ne montre pas assez ce qui peut ne pas fonctionner, on ne voit pas les gens l’hiver quand la neige bloque les routes ou que le soleil ne brille pas assez pour recharger les paneeaux solaires. Avec son titre enchanteur, « La glaneuse et les glaneurs », l’article de Philippe Blanchard esquisse le portrait de Laïda adepte du freeganisme : elle et ses amis de La Figuière se nourrissent de ce que jettent les marchés et surtout les supermarchés. Ils récupèrent fromages, yaourts, pizzas et autres aliments transformés, mais c’est tout simplement de la nourriture industrielle : je n’ai personnellement aucune envie de manger ça. Le même article se conclut par le rachat de La Figuière et la fin de ce collectif qui ne devait pas « devenir une base arrière zadiste ». Peu d’explications cependant sur les raisons de l’expulsion..

Il serait intéressant de rendre compte des échecs et des difficultés rencontrées par tous ces candidats à l’autonomie. Il faudrait raconter les difficultés matérielles, financières, administratives, mécaniques, sociales, alimentaires, organisationnelles… Qu’est-ce qui est le plus décourageant ? Qu’est-ce qui fait que certains renoncent malgré leur détermination de départ ? On peut regarder sur le sujet l’intéressante vidéo de Ma Cabane autonome « Il échoue et retourne en ville« .

Grâce aux portraits conjoints d’Hervé Bourdon et Christophe Hay, je découvre qu’un chef étoilé s’est installé à 13 kilomètres de Blois. Après une carrière à Paris et aux Etats-Unis, Christophe Hay est revenu dans son Loir-et-Cher natal. Il cultive ses fruits et ses légumes, élève ses veaux, ses abeilles, son électricité est fournie par une éolienne et son poisson par un pêcheur de Loire. Tout est local, en grande partie naturel chez La Maison d’à Côté (2 étoiles au Michelin) à Montlivault. Je n’irai jamais y manger, je n’en ai ni les moyens ni l’envie, aussi me suis-je reportée aux pages « Cuisiner la nature » qui proposent entre autres des lasagnes végétariennes aux orties.

Quelques pages sur la phytothérapie. Un article sur un monde sans argent (à travers le témoignage de l’éco lieux Eotopia), un autre sur la monnaie locale. Je me suis déjà renseignée sur celle qui existe dans ma région : la gabare (Monnaie Locale Complémentaire et Citoyenne) car je trouve l’idée intéressante pour booster une économie locale et responsable, créer des liens entre les producteurs, les commerçants et les consommateurs, lutter contre la grande distribution et la pollution due aux transports. Mais le problème, avec la gabare par exemple, c’est qu’elle n’est pas assez répandue : seuls sept prestataires l’acceptent. Il reste beaucoup à faire pour que l’économie locale se mette éellement en marche.

Edit du 15/01/21 : un article sur la gabare dans La Nouvelle République

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